Communication gouvernementale, perception internationale et stabilité politique

Thèse d’utilité publique du Professeur et Coach Patrick Armand POGNON

RÉSUMÉ SCIENTIFIQUE DE LA THÈSE

Cette thèse analyse les interactions entre la communication gouvernementale, la perception internationale et la stabilité politique dans un environnement informationnel marqué par l’instantanéité, la concurrence des récits et la fragilisation des frontières entre faits, interprétations et représentations collectives.

Elle met en évidence que les événements politiques contemporains ne se jouent plus exclusivement dans les espaces institutionnels, juridiques ou sécuritaires. Ils se déploient simultanément dans un espace symbolique, médiatique et numérique, où se construisent, se confrontent et se stabilisent les perceptions nationales et internationales.

Dans ce contexte, la communication gouvernementale apparaît comme une fonction stratégique de gouvernance. Elle agit directement sur la confiance publique, la légitimité perçue, la crédibilité extérieure et la résilience institutionnelle.

À partir d’une revue de littérature pluridisciplinaire et d’un cadre théorique mobilisant notamment la construction sociale de la réalité, le cadrage, l’agenda-setting et la communication de crise, la recherche met en évidence une thèse structurante : la stabilité politique dépend autant de la gestion effective des faits que de la maîtrise de leur mise en récit. Autrement dit, l’État doit agir simultanément sur l’événement et sur le sens collectif qui lui est attribué.

L’étude empirique repose sur l’analyse approfondie de la tentative de coup d’État avortée au Bénin le 7 décembre 2025. Cette analyse s’appuie sur une triangulation de sources institutionnelles, médiatiques et numériques, puis sur une mise en perspective comparative avec plusieurs cas africains et internationaux. Les résultats montrent que la réussite ou l’échec des tentatives de rupture de l’ordre constitutionnel est étroitement lié à la capacité des États à produire un récit crédible, cohérent et rapidement diffusé, puis à en assurer la continuité narrative afin d’empêcher l’installation durable de récits concurrents.

La thèse met en évidence une dissociation croissante entre réalité institutionnelle et perception internationale, dissociation accentuée par l’environnement numérique et la saturation informationnelle. Cette évolution impose aux États de repenser la communication comme une fonction stratégique de souveraineté narrative, de prévention des crises et de leadership institutionnel.

En conclusion, ce travail propose les fondements d’un modèle stratégique africain de communication gouvernementale destiné à renforcer la crédibilité internationale, la confiance publique et la stabilité politique dans un contexte de compétition informationnelle permanente.

NB : La thèse est bientôt disponible sur la plateforme Charriow.