Thèse d’utilité publique du Professeur Émérite et Coach Patrick Armand POGNON
ACQUIS SCIENTIFIQUE DE LA THÈSE — Modèle stratégique africain de communication gouvernementale
Le modèle stratégique africain proposé repose sur une idée centrale selon laquelle, dans l’environnement informationnel contemporain, la souveraineté d’un État ne se limite plus à la maîtrise du territoire et des institutions. Elle s’étend à la maîtrise du récit, des perceptions et du sens.
Ce modèle s’organise autour de cinq piliers structurants, interconnectés et interdépendants, visant à produire une communication gouvernementale souveraine, crédible et stabilisatrice.
Pilier 1 — Institutionnalisation régalienne de la communication gouvernementale
Ce premier pilier repose sur la reconnaissance explicite de la communication gouvernementale comme fonction régalienne. Elle n’est ni un outil circonstanciel ni un simple instrument politique, mais une composante permanente de la gouvernance étatique. Cette institutionnalisation suppose un ancrage juridique clair, une structuration hiérarchique rattachée au sommet de l’État, une coordination stratégique avec la diplomatie et la sécurité, ainsi qu’une continuité de la parole publique au-delà des alternances. La communication devient ainsi un instrument de souveraineté symbolique garantissant la cohérence de l’action publique et la stabilité du récit national.
Pilier 2 — Souveraineté médiatique et production endogène du récit africain
Ce pilier repose sur la capacité des États africains à produire et diffuser leurs propres grilles de lecture. Il affirme l’impératif stratégique de renforcer des médias panafricains crédibles capables de contextualiser les événements, de fonder leurs analyses sur des expertises africaines, de réduire la dépendance informationnelle exogène et de construire un discours africain sur l’Afrique à destination des publics africains et internationaux. La souveraineté narrative continentale devient ainsi un levier de crédibilité internationale et de repositionnement stratégique.
Pilier 3 – Maîtrise proactive de l’espace numérique et informationnel
Ce pilier concerne la présence numérique stratégique de l’État. L’espace digital n’est plus un canal secondaire. Il constitue un champ central de compétition des récits. La stratégie numérique repose sur la production régulière de contenus institutionnels fiables, une veille permanente, une capacité d’anticipation des crises narratives, une réactivité maîtrisée face aux rumeurs et aux campagnes de désinformation, ainsi qu’une interaction encadrée avec les publics. L’objectif ne se limite pas à informer mais consiste à structurer durablement les perceptions en occupant l’espace informationnel avant que les récits concurrents ne s’y installent.
Pilier 4 — Pluralité légitimée des porteurs du récit institutionnel
Ce pilier rompt avec une communication exclusivement verticale souvent perçue comme peu crédible ou peu inclusive. Il privilégie la mobilisation coordonnée de responsables publics, l’implication d’experts reconnus, l’association d’universitaires et de chercheurs, ainsi que la participation encadrée d’acteurs de la société civile et de leaders d’opinion. Cette pluralité légitimée renforce la crédibilité du récit institutionnel, réduit la perception de propagande et élargit l’adhésion sociale et internationale.
Pilier 5 — Continuité narrative et cohérence temporelle de l’action publique
Ce pilier constitue la clé de voûte du modèle. Dans un environnement informationnel saturé, le silence, l’irrégularité ou les contradictions créent des vulnérabilités majeures. Le modèle recommande une régularité maîtrisée de la parole institutionnelle, une cohérence stricte entre discours et action, une vision narrative inscrite dans le temps long et un alignement constant entre communication nationale et internationale. Cette continuité stabilise les perceptions, limite durablement la désinformation et construit une image d’État crédible et lisible.
NB : La thèse est bientôt disponible sur la boutique Coach POGNON Digishop sur la plateforme Charriow
